
Le véritable danger d’incendie dans un stock ne vient pas de la flamme visible, mais des dynamiques thermiques invisibles qui la précèdent.
- Les phénomènes comme l’auto-combustion ou l’emballement des batteries Li-ion sont des processus lents et internes, indétectables par les moyens conventionnels.
- Les inspections manuelles, même rigoureuses, comportent des « angles morts » opérationnels que seule une surveillance thermographique continue ou ciblée peut couvrir.
Recommandation : Passez d’une vision de la thermographie comme simple outil de contrôle ponctuel à une véritable stratégie de visibilité permanente de vos risques cachés.
Dans l’univers silencieux d’un entrepôt ou d’une zone de stockage, le plus grand danger est souvent celui qui ne se voit pas. Chaque responsable HSE sait que la prévention incendie repose sur un arsenal bien connu : extincteurs, systèmes de sprinklers, alarmes et rondes de surveillance. Ces mesures sont indispensables pour réagir à un feu déclaré. Mais que faire contre un incendie qui n’existe pas encore, un feu qui « couve » littéralement au cœur d’un tas de déchets, dans une batterie au lithium ou au fond d’un silo à grains ? C’est là que les approches traditionnelles montrent leurs limites.
L’erreur serait de considérer la thermographie comme un simple thermomètre à distance. Sa véritable puissance ne réside pas seulement dans sa capacité à « voir la chaleur », mais dans sa faculté à révéler les dynamiques thermiques anormales bien avant qu’elles n’atteignent un seuil critique. Il ne s’agit plus de détecter une flamme, mais de comprendre la signature thermique de vos installations pour identifier les déviations qui signalent un danger imminent. Cet article n’est pas un catalogue de caméras, mais un guide stratégique. Nous allons analyser pourquoi les processus d’échauffement internes sont si dangereux, comment choisir entre surveillance manuelle et automatisée, et quelles procédures sont vitales pour garantir à la fois la sécurité et la conformité réglementaire, notamment face à votre assureur.
Pour aborder cette question de manière structurée, cet article explore les points névralgiques de la prévention incendie par thermographie, des phénomènes physiques aux obligations réglementaires.
Sommaire : Prévention incendie par thermographie : une approche stratégique pour les zones de stockage
- Pourquoi l’auto-combustion des déchets commence-t-elle par une montée en température interne invisible ?
- À quelle fréquence contrôler les zones de charge de batteries Li-ion ?
- Rondes manuelles ou caméras fixes avec alarme : quel ROI pour la sécurité incendie ?
- L’oubli des zones « mortes » derrière les palettes lors des inspections manuelles
- Comment détecter l’échauffement d’un tas de charbon ou de céréales en profondeur ?
- Pourquoi la poussière dans les armoires est-elle un accélérateur d’incendie invisible ?
- Pourquoi l’absence de certificat Q19 peut annuler votre indemnisation en cas d’incendie ?
- Quelles procédures mettre en place pour protéger le thermographe en zone ATEX ?
Pourquoi l’auto-combustion des déchets commence-t-elle par une montée en température interne invisible ?
Le phénomène d’auto-combustion est l’un des risques les plus insidieux dans les centres de tri ou de stockage de matières organiques et de déchets. Contrairement à une idée reçue, il ne s’agit pas d’une combustion spontanée soudaine, mais de l’aboutissement d’un lent processus d’échauffement interne. Ce risque est loin d’être anecdotique, avec en moyenne 1 incendie majeur par mois dans les centres de tri français. Le processus débute par une activité biologique (fermentation de micro-organismes) ou chimique (oxydation) qui dégage de la chaleur. Dans un tas de grande taille, cette chaleur ne peut se dissiper et la température au cœur de la masse augmente progressivement.
Cette dynamique thermique est invisible à l’œil nu et souvent indétectable par les sondes de fumée classiques tant que la combustion n’a pas réellement commencé. C’est une réaction en chaîne : plus la température monte, plus les réactions s’accélèrent, dégageant encore plus de chaleur. La thermographie permet de visualiser ces « hotspots » en surface, qui sont le reflet de l’échauffement en profondeur. Une zone de surface anormalement chaude est le signal d’alarme qu’un processus dangereux est en cours à l’intérieur.
Sur un site de compostage, par exemple, où la maturation normale peut dépasser les 50°C, le risque d’auto-combustion devient critique lorsque les températures internes atteignent des seuils bien plus élevés. Une stratégie de prévention efficace consiste à définir des seuils d’alerte progressifs : une pré-alerte à 100°C et une alerte critique à 120°C, permettant une action (comme le retournement du tas pour l’aérer) bien avant l’emballement thermique final qui peut se produire autour de 150°C. La thermographie transforme ainsi une menace invisible en un risque quantifiable et gérable.
À quelle fréquence contrôler les zones de charge de batteries Li-ion ?
Les batteries au lithium-ion, omniprésentes dans les chariots élévateurs, les véhicules et les équipements portables, représentent un risque d’incendie nouveau et en forte croissance. On observe une augmentation de plus de 35% des incendies liés à ces batteries entre 2023 et 2024, soulignant l’urgence de mettre en place des protocoles de surveillance adaptés. Le danger principal est l’emballement thermique, une réaction en chaîne incontrôlable où une augmentation de la température provoque la libération de gaz inflammables et une nouvelle hausse de température, menant à une explosion ou un incendie violent et difficile à éteindre.
Ce risque est particulièrement élevé pendant la phase de charge, où les défauts internes (court-circuit, dégradation), les dommages externes ou une mauvaise utilisation peuvent initier le processus. Une simple inspection visuelle est insuffisante. La thermographie permet de détecter une cellule qui surchauffe anormalement par rapport à ses voisines, signalant un dysfonctionnement bien avant tout signe visible de fumée ou de déformation.

Il n’existe pas de fréquence de contrôle unique. La stratégie doit être adaptée au niveau de risque de chaque zone. Une surveillance continue 24/7 avec des caméras thermiques fixes et des alarmes automatiques est la norme pour les zones critiques comme les points de charge rapide ou les zones de stockage à très haute densité. Pour des zones à moindre risque, des rondes manuelles avec une caméra thermique portable peuvent être envisagées, mais leur fréquence doit être élevée.
Le tableau suivant, inspiré des bonnes pratiques du secteur, propose une matrice pour adapter la surveillance au risque. L’objectif est de détecter des écarts de température, même faibles, qui sont le premier symptôme d’une défaillance. Un seuil d’alerte peut être défini non pas en valeur absolue, mais en différentiel par rapport aux batteries voisines ou à la température ambiante.
| Zone de risque | Fréquence inspection manuelle | Surveillance continue | Seuil d’alerte |
|---|---|---|---|
| Zones de charge rapide | Toutes les 2h | 24/7 obligatoire | +5°C vs voisines |
| Stockage haute densité | Toutes les 4h | Recommandée | +10°C vs ambiant |
| Batteries en attente | 2 fois par jour | Optionnelle | 60°C surface |
| Parking véhicules électriques | 1 fois par jour | Points critiques | 80°C interne |
Rondes manuelles ou caméras fixes avec alarme : quel ROI pour la sécurité incendie ?
La question du choix entre des rondes de surveillance manuelle avec une caméra thermique portable et l’installation d’un système de caméras fixes avec alarmes automatiques est souvent posée sous l’angle du coût. Cependant, le véritable retour sur investissement (ROI) ne se mesure pas seulement en euros économisés, mais en continuité d’activité assurée. Le risque n’est pas simplement de perdre un stock, mais de perdre l’entreprise elle-même. En effet, les statistiques sont alarmantes : 70% des entreprises victimes d’un sinistre majeur disparaissent dans les mois qui suivent.
La ronde manuelle est flexible et peu coûteuse à initier si l’on possède déjà l’équipement. Elle est adaptée pour les sites de petite taille, à faible risque, ou pour des inspections périodiques complémentaires. Son principal inconvénient est sa discontinuité. Un échauffement critique peut se produire entre deux rondes. De plus, elle dépend de la rigueur et de la compétence de l’opérateur, qui peut omettre des zones ou mal interpréter une image.
Le système de caméras fixes, bien que représentant un investissement initial plus important, offre une surveillance continue et objective. Il élimine le facteur d’erreur humain lié à l’oubli ou à la fatigue. Les systèmes modernes permettent un paramétrage sur mesure des zones à surveiller et des seuils d’alerte. Comme le montre une approche hybride, une alarme peut se déclencher non seulement lorsqu’une température absolue est atteinte, mais aussi lorsque l’augmentation de la chaleur est jugée trop rapide, offrant une détection encore plus précoce. Cette personnalisation permet d’optimiser le ROI en évitant les fausses alertes tout en garantissant une réactivité maximale. La solution idéale est souvent un mix des deux approches : des caméras fixes pour les zones les plus critiques (stockage haute densité, fosses à déchets) et des rondes manuelles pour les zones secondaires et la vérification des alarmes.
L’oubli des zones « mortes » derrière les palettes lors des inspections manuelles
L’un des plus grands défis de la surveillance par rondes manuelles est la gestion des « angles morts opérationnels ». Dans un entrepôt, ces zones mortes sont les espaces inaccessibles à une inspection directe : le cœur d’une pile de palettes, l’arrière d’un rack de stockage, ou les zones en hauteur. Un opérateur, même consciencieux, ne peut physiquement pas inspecter ce qu’il ne peut pas voir. C’est une faille majeure, car un échauffement peut très bien démarrer dans l’une de ces zones cachées. La thermographie ne permet pas de « voir à travers » les objets solides, mais elle peut détecter les signatures thermiques sur les surfaces environnantes ou la chaleur qui s’échappe par convection.
Julien Poiron, Directeur du Segment Incendie de Securitas Technology, met en lumière cette évolution :
Nos caméras thermographiques transforment notre approche de la prévention des incendies. En alliant technologie de pointe et expertise en sécurité, nous fournissons à nos clients une solution proactive et efficace pour la protection de leurs biens.
– Julien Poiron, Directeur Segment Incendie de Securitas Technology

Pour pallier ces angles morts, une approche méthodique est indispensable. Il ne suffit pas de se promener avec une caméra, il faut mettre en place un véritable protocole d’inspection des zones difficiles d’accès. Cela peut impliquer des technologies complémentaires et une méthodologie rigoureuse pour s’assurer qu’aucune zone à risque n’est laissée sans surveillance. La recherche de « fantômes thermiques » – des reflets de chaleur sur des surfaces métalliques adjacentes – est une technique avancée qui peut aider à identifier un point chaud indirectement.
Plan d’action pour l’inspection des zones difficiles d’accès
- Cartographier en amont toutes les zones mortes potentielles de l’entrepôt (arrière des racks, cœur des piles de stockage).
- Utiliser des caméras thermiques montées sur des perches télescopiques pour inspecter les points en hauteur et au-dessus des stocks.
- Déployer des mini-drones d’intérieur équipés de caméras thermiques pour une inspection sécurisée derrière et entre les rangées de stockage denses.
- Rechercher activement les « fantômes thermiques » sur les structures, plafonds ou murs environnants qui pourraient indiquer un point chaud caché.
- Effectuer une ronde de vérification avec une caméra thermique portable après toute réorganisation majeure du stock.
Comment détecter l’échauffement d’un tas de charbon ou de céréales en profondeur ?
Le stockage en vrac de matières comme le charbon, les céréales, la biomasse ou les granulés de bois présente un défi similaire à celui des déchets : le risque d’auto-échauffement en profondeur. La masse importante du stock agit comme un isolant thermique parfait, piégeant la chaleur générée par l’oxydation ou l’activité biologique. En 2024, 46 départs de feu ou incendies ont été recensés dans des séchoirs à grains, illustrant la réalité de ce risque. Une caméra thermique de surface est un excellent outil de premier niveau, car elle peut détecter une anomalie en surface qui trahit un problème en profondeur. Cependant, elle ne mesure que la température de la « peau » du tas.
Lorsque l’échauffement est très profond, la chaleur peut mettre beaucoup de temps à atteindre la surface, retardant potentiellement l’alerte. Pour une sécurité maximale sur ces stockages critiques, la thermographie de surface doit être couplée à des techniques de mesure en profondeur. Cette approche hybride offre une vision complète de l’état thermique du stock, à la fois en surface et en son cœur. L’objectif est de croiser les données pour obtenir une cartographie thermique tridimensionnelle du risque.
Plusieurs technologies complémentaires peuvent être mises en œuvre pour sonder le cœur des stocks en vrac :
- Sondes de température (thermocouples) : Ce sont de longues tiges contenant des capteurs qui sont enfoncées à différentes profondeurs et à différents endroits dans le tas. Elles fournissent des mesures ponctuelles mais très précises.
- Câbles à fibre optique DTS (Distributed Temperature Sensing) : Un câble à fibre optique est déployé dans le stock. Il agit comme un capteur de température continu sur toute sa longueur, offrant un profil thermique complet et en temps réel de la masse.
- Détecteurs de gaz (CO) : L’échauffement et la combustion incomplète produisent du monoxyde de carbone (CO) bien avant l’apparition de fumée visible. La surveillance des niveaux de CO dans l’air ambiant au-dessus du stock est un excellent indicateur précoce d’un processus de combustion lente.
La stratégie la plus robuste combine la surveillance de surface par thermographie (pour une vision globale et la détection rapide des anomalies) avec des mesures en profondeur (pour la confirmation et la localisation précise du noyau de l’échauffement).
Pourquoi la poussière dans les armoires est-elle un accélérateur d’incendie invisible ?
Les armoires et installations électriques sont une source majeure de départs de feu en milieu industriel. Selon les statistiques, environ 1 incendie sur 3 a pour origine une défaillance électrique. Les causes sont souvent des connexions desserrées, des contacts surchargés ou des composants défectueux qui génèrent un échauffement par effet Joule. La thermographie est l’outil par excellence pour détecter ces anomalies avant qu’elles ne provoquent un court-circuit ou un arc électrique. Cependant, un facteur souvent sous-estimé vient compliquer la détection et accélérer le sinistre : la poussière.
La poussière, en particulier si elle est d’origine organique (bois, céréales, textile) ou métallique, joue un double rôle pervers. Premièrement, elle est un combustible hautement inflammable. Une simple étincelle provenant d’un contact défaillant peut suffire à enflammer la poussière accumulée, propageant le feu à une vitesse fulgurante à l’intérieur de l’armoire et potentiellement à l’ensemble du bâtiment. Deuxièmement, la poussière agit comme un isolant thermique. Une couche de poussière déposée sur un composant qui surchauffe va l’empêcher de se refroidir correctement, accélérant sa dégradation. Pire encore, cette couche isolante peut masquer le point chaud à la caméra thermique.
Ce phénomène est lié à la notion d’émissivité. Tous les matériaux n’émettent pas le rayonnement infrarouge de la même manière. La poussière a une émissivité différente de celle du composant métallique qu’elle recouvre. Cela signifie que la température mesurée par la caméra (la « température apparente ») peut être significativement plus basse que la température réelle du point chaud masqué. Un opérateur non averti pourrait sous-estimer la gravité d’une anomalie. C’est pourquoi le nettoyage régulier des installations électriques est une mesure de prévention aussi cruciale que l’inspection thermographique elle-même. Les deux vont de pair pour une sécurité optimale.
Pourquoi l’absence de certificat Q19 peut annuler votre indemnisation en cas d’incendie ?
Au-delà de la prévention technique, l’intégration de la thermographie dans un plan de sécurité incendie a une dimension contractuelle et juridique cruciale : la relation avec votre assureur. De nombreuses polices d’assurance pour les risques industriels exigent la réalisation d’un contrôle périodique des installations électriques par un organisme certifié. Ce contrôle, lorsqu’il est réalisé par thermographie infrarouge, doit aboutir à la délivrance d’un document spécifique : le compte-rendu Q19.
Comme le précise DEKRA Industrial, l’un des acteurs de référence dans ce domaine :
Un contrôle des installations électriques par thermographie infrarouge entraîne la délivrance du compte-rendu Q19, si celui-ci est effectué selon le cahier des spécifications techniques du document APSAD D19.
– DEKRA Industrial, Guide de prévention incendie par thermographie
Le document APSAD D19 est le référentiel technique qui définit la méthodologie précise du contrôle thermographique. Il garantit que l’inspection est réalisée dans les règles de l’art, par un opérateur qualifié et avec du matériel adéquat. Le certificat Q19 n’est pas un simple papier ; c’est la preuve pour votre assureur que vous avez mis en œuvre les moyens de prévention requis par votre contrat. En cas de sinistre d’origine électrique, l’absence de ce certificat (ou un certificat non conforme) peut être considérée par l’assureur comme un manquement à vos obligations contractuelles. La conséquence peut être une réduction drastique de votre indemnisation, voire son annulation pure et simple, laissant l’entreprise seule face aux conséquences financières dévastatrices de l’incendie.
Pour garantir votre conformité, plusieurs points sont essentiels :
- Le contrôle doit être réalisé annuellement (ou selon la fréquence définie dans votre contrat).
- L’opérateur doit être titulaire d’une certification de compétence reconnue (délivrée par le CNPP ou un organisme équivalent).
- Le rapport Q19 doit classer les anomalies par niveau de gravité et préconiser des actions correctives.
- Vous devez être en mesure de prouver que vous avez traité les anomalies signalées dans le rapport, en particulier les plus critiques.
À retenir
- La prévention incendie efficace ne détecte pas la flamme, mais le processus d’échauffement qui la précède. La thermographie rend visible cette dynamique invisible.
- La technologie ne remplace pas l’humain, elle le complète. Une stratégie robuste combine caméras fixes pour les zones critiques et rondes manuelles méthodiques pour couvrir les angles morts.
- La conformité réglementaire (Q19) et sécuritaire (ATEX) n’est pas une option. Elle est la condition de votre couverture d’assurance et de la sécurité de vos opérateurs.
Quelles procédures mettre en place pour protéger le thermographe en zone ATEX ?
L’inspection thermographique est un acte de prévention, mais elle peut elle-même devenir une source de risque si elle est menée dans une atmosphère explosive (ATEX). Une caméra thermique, comme tout appareil électronique, peut générer une étincelle ou un échauffement de surface capable d’enflammer un mélange de gaz, de vapeur ou de poussières combustibles. Intervenir en zone ATEX avec un équipement non adapté est donc formellement proscrit et met en danger direct la vie de l’opérateur.
La première règle est d’utiliser un équipement spécifiquement conçu et certifié pour la zone ATEX concernée (Zone 0, 1, 2 pour les gaz ; Zone 20, 21, 22 pour les poussières). Des organismes comme le CNPP délivrent des certifications qui garantissent la conformité des caméras pour une utilisation en environnements industriels sensibles, comme celle obtenue par Hikvision en 2020 pour ses systèmes de détection de chaleur. Une alternative sécurisée consiste à installer des fenêtres infrarouges (IR) certifiées ATEX sur les portes des armoires électriques. Ces « hublots » transparents aux infrarouges permettent à l’opérateur de réaliser l’inspection depuis l’extérieur de la zone dangereuse, avec une caméra standard.
Au-delà du matériel, la sécurité repose sur un protocole d’intervention extrêmement strict. Chaque intervention doit être préparée et encadrée.
- Permis d’intervention : Un permis de travail spécifique (« permis de feu » ou équivalent) doit être établi, incluant une analyse des risques liés à l’inspection thermographique.
- Équipements de Protection Individuelle (EPI) : Le port d’EPI antistatiques (combinaison, chaussures) est obligatoire pour éviter toute décharge électrostatique.
- Contrôle de l’atmosphère : L’utilisation d’un explosimètre portable en continu est indispensable pour surveiller la concentration de substances explosives pendant toute la durée de l’intervention.
- Travail en équipe : Une intervention en zone ATEX ne se fait jamais seul. Un binôme est nécessaire, avec un plan d’évacuation clair et connu des deux opérateurs.
L’intégration de la thermographie n’est pas une simple dépense, mais un investissement stratégique dans la pérennité de votre activité. Pour évaluer précisément vos risques et définir un plan de surveillance sur mesure, la première étape consiste à réaliser un audit thermique complet de vos zones de stockage.