Vue thermographique d'une cuve industrielle révélant les gradients de température entre boue et liquide
Publié le 11 mars 2024

Mesurer un niveau de boue sans capteur est possible en maîtrisant la science des gradients thermiques, une méthode plus fiable que les sondes sujettes à l’encrassement.

  • La chaleur solaire (inertie thermique) ou une aspersion d’eau contrôlée suffisent à créer un contraste de température visible par une caméra thermique.
  • Au-delà des niveaux, cette approche sans contact permet de détecter les fuites internes entre compartiments et les bouchons dans les tuyauteries de process.

Recommandation : Privilégiez les inspections nocturnes ou par temps très couvert pour obtenir les meilleurs contrastes thermiques et éviter les réflexions solaires parasites.

En tant que responsable de parc de stockage, la mesure du niveau de boue ou de sédiments dans une cuve est un défi constant. Les méthodes traditionnelles, comme le jaugeage manuel, sont non seulement imprécises mais présentent aussi des risques pour la sécurité des opérateurs. Les solutions d’instrumentation fixes, telles que les sondes capacitives ou les ultrasons, semblent idéales sur le papier. Cependant, sur le terrain, elles se heurtent rapidement à un ennemi redoutable : l’encrassement, ou « coating ». Les produits visqueux, les boues et les sédiments adhèrent aux capteurs, faussant complètement les mesures et entraînant des erreurs coûteuses d’exploitation.

Face à ce constat, l’inspection thermographique est souvent évoquée comme une alternative. Mais la considérer comme une simple « baguette magique » serait une erreur. Son efficacité ne réside pas dans la caméra elle-même, mais dans la compréhension et la maîtrise des phénomènes physiques qui la régissent. La véritable clé pour s’affranchir des capteurs internes n’est pas l’outil, mais la capacité à créer, exploiter et interpréter un gradient thermique sur la paroi de la cuve. C’est cette différence de température, même minime, entre la phase liquide et la phase solide (boue) qui va révéler le niveau de manière indiscutable.

Cet article se propose de dépasser l’approche superficielle pour vous fournir les méthodes et les principes physiques qui font de la thermographie une science de la mesure fiable. Nous verrons comment utiliser les éléments naturels à votre avantage, comment provoquer un contraste thermique quand il n’existe pas, et comment déjouer les pièges les plus courants pour transformer une simple image thermique en une donnée d’exploitation précise et actionnable.

Cet article vous guidera à travers les différentes stratégies et applications de la thermographie pour la mesure de niveau et le diagnostic industriel. Le sommaire ci-dessous détaille les points clés que nous allons aborder pour maîtriser cette technique sans contact.

Pourquoi le soleil est-il votre meilleur allié pour inspecter les cuves extérieures ?

Pour une cuve de stockage extérieure non isolée, le soleil est une source d’énergie gratuite et remarquablement efficace pour révéler le niveau de boue. Le principe repose sur un phénomène physique simple : l’inertie thermique. Les boues, plus denses et contenant souvent de l’eau, possèdent une capacité thermique massique supérieure à celle de la plupart des hydrocarbures ou des produits liquides surnageants. Concrètement, cela signifie qu’elles accumulent la chaleur du rayonnement solaire plus lentement, mais la restituent également plus lentement.

Au cours de la journée, la paroi de la cuve au niveau de la phase liquide s’échauffe plus vite que la paroi au niveau de la phase solide (boue). En fin de journée et durant la nuit, le phénomène s’inverse : la partie supérieure refroidit plus rapidement tandis que la partie inférieure, en contact avec la boue, conserve la chaleur accumulée. Ce différentiel de température, ou gradient thermique naturel, crée une ligne de démarcation horizontale très nette sur une image thermographique. La caméra infrarouge ne fait alors que visualiser cette différence de comportement thermique, matérialisant le niveau d’interface liquide/boue sans aucun contact.

Cette méthode est particulièrement efficace car elle s’appuie sur une propriété fondamentale de la matière. Comme le souligne une analyse sur l’inertie thermique des réservoirs, cette propriété permet de maintenir une température distincte pendant une longue période. Dans notre cas, c’est cette lenteur à changer de température qui rend la boue visible. Pour un résultat optimal, une inspection en fin de journée ou, mieux encore, juste avant l’aube, permet de capturer le contraste thermique maximal lorsque l’équilibre est le plus marqué.

Comment créer un gradient thermique artificiel pour voir le niveau dans une cuve isolée ?

Lorsque les conditions ne permettent pas de bénéficier d’un gradient thermique naturel — cas des cuves isolées, stockées en intérieur, ou par temps très uniforme — il est nécessaire de le provoquer. Créer un gradient thermique artificiel est une technique active qui consiste à modifier temporairement la température de la paroi externe de la cuve pour forcer l’apparition d’un contraste. La méthode la plus simple et la plus courante est l’aspersion ou la brumisation contrôlée d’eau.

En appliquant une fine couche d’eau plus froide sur la surface verticale de la cuve, on initie un processus de refroidissement. La paroi en contact avec la phase liquide, qui a une meilleure conductivité thermique, va se refroidir beaucoup plus rapidement que la paroi adossée à la boue ou aux sédiments. Ces derniers agissent comme un isolant, ralentissant le transfert de chaleur. En quelques minutes, une caméra thermique révélera une différence de température nette entre la zone haute (refroidie) et la zone basse (restée plus chaude), matérialisant ainsi précisément le niveau interne.

Cette technique est simple, rapide et peu coûteuse, mais d’autres méthodes existent en fonction du contexte industriel et des contraintes d’accès ou de sécurité. La ventilation forcée à l’aide de puissants ventilateurs peut également créer un refroidissement différentiel, bien que plus lent. Dans des cas plus rares, des compresses froides peuvent être appliquées sur de petites surfaces pour des diagnostics très localisés.

Technicien appliquant une brumisation contrôlée sur la paroi d'une cuve pour créer un gradient thermique

Le choix de la méthode dépendra de l’efficacité recherchée, du coût et du temps de réponse acceptable. L’aspersion contrôlée reste la plus polyvalente pour les cuves métalliques standards.

Le tableau suivant, basé sur les pratiques industrielles, compare les principales techniques de création de gradient thermique, comme détaillé dans une analyse des solutions d’isolation thermique.

Comparaison des techniques de création de gradient thermique
Technique Efficacité Coût Temps de réponse Application
Aspersion contrôlée Excellente Faible 5-10 min Cuves métalliques
Ventilation forcée Bonne Moyen 15-20 min Tous types
Injection fluide différentiel Très bonne Élevé 20-30 min Process continu
Compresses froides Moyenne Faible 10-15 min Petites zones

Sonde capacitive ou caméra thermique : quelle fiabilité pour les produits visqueux ?

La question de la fiabilité est au cœur du choix technologique pour la mesure de niveau. Les sondes capacitives, largement utilisées dans l’industrie, fonctionnent en mesurant la variation de capacité électrique entre une électrode et la paroi de la cuve, variation qui change selon que la sonde est immergée dans un produit ou dans l’air. Si cette technologie est efficace pour les liquides propres et non conducteurs, elle montre rapidement ses limites face aux boues et produits colmatants. Le principal problème est le phénomène de coating : une couche de produit adhère à la sonde, créant une « mémoire » diélectrique qui fausse totalement la mesure. Le capteur croit être immergé alors qu’il ne l’est plus.

Les fabricants de capteurs sont bien conscients de ce problème. Des solutions existent, comme l’intégration d’une électrode de compensation interne qui vise à ignorer les dépôts. Cependant, des données techniques confirment que des erreurs de commutation causées par l’encrassement et l’humidité restent un défi majeur. Pour les applications les plus sévères, comme le traitement des boues, certains fabricants proposent même des systèmes d’essuie-glace mécaniques intégrés aux capteurs, une solution complexe et coûteuse qui constitue un aveu de la faiblesse intrinsèque de la méthode capacitive face à l’encrassement.

C’est ici que la thermographie infrarouge offre un avantage décisif. En tant que méthode de mesure sans contact, elle est par nature insensible aux propriétés physiques du produit comme la viscosité, le pouvoir collant ou la conductivité. La caméra mesure simplement le rayonnement infrarouge émis par la paroi extérieure de la cuve. Peu importe que le produit à l’intérieur soit de l’eau, du pétrole brut ou une boue épaisse ; la mesure n’est jamais affectée par un contact direct. Comme le résume un expert en la matière :

La thermographie infrarouge est une méthode de mesure sans contact qui reste insensible à la viscosité et au pouvoir collant des boues.

– Dominique PAJANI, Thermographie – Principes et mesure, Techniques de l’Ingénieur

En conclusion, si les sondes capacitives peuvent être une option pour des liquides propres, la thermographie se révèle bien plus fiable et robuste pour la gestion des niveaux de produits visqueux, colmatants ou de boues, en éliminant la principale source d’erreur : le contact physique avec le produit.

L’erreur d’interprétation due à la double paroi de la cuve

La mesure de niveau par thermographie sur une cuve à double paroi avec isolation intermédiaire représente un défi majeur. L’espace isolant (souvent rempli de mousse polyuréthane, de perlite ou simplement d’air) agit comme un masque thermique. Il empêche la signature thermique du produit interne d’être transmise à la paroi externe. Tenter une mesure directe dans ces conditions aboutira presque toujours à une image uniforme, sans aucun contraste, ne reflétant que la température de la paroi externe et de son environnement.

Cependant, tout n’est pas perdu. La solution consiste à ne plus chercher le gradient thermique sur la surface principale, mais à localiser les ponts thermiques. Un pont thermique est une zone où la continuité de l’isolation est rompue, créant un chemin de conduction préférentiel pour la chaleur. Dans une cuve, ces points sont généralement :

  • Les supports structurels de la cuve interne qui traversent l’isolant pour se fixer à la paroi externe.
  • Les tubulures, piquages et autres traversées de tuyauterie.
  • Les soudures ou fixations structurelles reliant les deux parois.
  • Les défauts d’isolation (tassement du matériau, zones humides).
Coupe technique montrant l'isolation d'une cuve double paroi avec ponts thermiques visibles

En focalisant l’inspection thermographique sur ces ponts thermiques, on peut observer une signature thermique localisée mais fiable. Par exemple, au niveau d’un support métallique, la température observée sur la paroi externe sera directement influencée par la température du produit en contact avec ce support à l’intérieur. En inspectant plusieurs de ces points à différentes hauteurs, il est possible de reconstituer le niveau interne. Cette approche requiert une bonne connaissance des plans de construction de la cuve pour identifier en amont les ponts thermiques potentiels et ne pas confondre une anomalie thermique avec un défaut d’isolation.

Comment détecter une fuite interne entre deux compartiments d’un même réservoir ?

La thermographie infrarouge ne se limite pas à la mesure de niveaux ; c’est aussi un outil de diagnostic extrêmement puissant pour détecter les fuites internes, notamment entre les compartiments d’un même réservoir. Une telle fuite est invisible de l’extérieur et peut passer inaperçue pendant longtemps, entraînant une contamination de produit ou des pertes de production. La détection repose, encore une fois, sur la création ou l’exploitation d’un différentiel de température entre les deux compartiments.

Si les deux compartiments contiennent des produits à des températures naturellement différentes (par exemple, un produit venant d’un process chaud et un autre stocké à température ambiante), une fuite se manifestera par une anomalie thermique sur la paroi du compartiment le plus froid. On verra apparaître une « tache » ou un « panache » chaud à l’endroit où le produit du compartiment voisin s’infiltre. Si les deux produits sont à la même température, on peut provoquer un différentiel de test. Une méthode consiste à injecter temporairement une petite quantité d’un fluide à une température différente (chaud ou froid) dans l’un des compartiments. Une analyse thermographique de la paroi du compartiment adjacent révélera rapidement si une signature thermique « traverse » la cloison, signant la présence et la localisation de la fuite.

La forme de la signature thermique peut même donner des indices sur le type de fuite. Une fuite par débordement en haut de la cloison créera un panache chaud descendant, tandis qu’un passage par le bas se manifestera par une tache thermique localisée près de la base. Un suintement lent sera plus diffus, alors qu’une fuite importante créera un contraste net et étendu.

Ce tableau récapitule les signatures thermiques typiques observées lors de la détection de fuites internes, des informations cruciales pour un diagnostic rapide.

Signatures thermiques des différents types de fuites
Type de fuite Signature thermique Localisation Vitesse détection
Débordement haut Panache descendant chaud Haut de cloison Immédiate
Passage bas Tache thermique localisée Base de cloison 10-15 min
Fuite importante Contraste net et large Zone défaillante < 5 min
Suintement lent Légère anomalie diffuse Variable > 30 min

Comment visualiser le niveau de liquide dans une colonne de distillation opaque ?

Les colonnes de distillation, par leur nature même, sont le théâtre de gradients thermiques extrêmes, ce qui en fait des candidates idéales pour l’inspection thermographique. Le principe de la distillation repose sur une différence de température entre la base de la colonne (le rebouilleur, très chaud) et le sommet (le condenseur, plus froid). Cette différence de température se propage le long de la colonne, créant un profil thermique vertical directement lié au bon fonctionnement du processus.

Selon les principes de la thermographie industrielle, les colonnes de distillation présentent des gradients de température pouvant atteindre 100°C entre la base et le sommet. Ce gradient n’est pas linéaire ; il est marqué par des paliers au niveau de chaque plateau de distillation. Une caméra thermique permet de visualiser ce profil de l’extérieur, sans avoir besoin d’un capteur de niveau ou de température interne. L’image thermique montre clairement la distribution de la chaleur, révélant la position du liquide sur chaque plateau et le niveau général dans le rebouilleur.

Au-delà de la simple mesure de niveau, la thermographie devient un outil de diagnostic de process exceptionnel. Des dysfonctionnements comme l’engorgement (flooding), où le liquide remonte anormalement dans la colonne, ou le pleurage (weeping), où le liquide passe à travers les plateaux au lieu de s’accumuler, ont des signatures thermiques caractéristiques. Un plateau encrassé ou endommagé apparaîtra également comme une anomalie thermique (point froid ou chaud localisé) dans le profil de température autrement régulier. En corrélant l’image thermique avec les données du système de contrôle (SCADA), les ingénieurs peuvent diagnostiquer rapidement des problèmes complexes sans arrêter la production.

Plan d’action : Diagnostic thermographique d’une colonne de distillation

  1. Détecter l’engorgement (flooding) : rechercher une remontée anormale de la zone chaude vers le haut de la colonne.
  2. Identifier le pleurage (weeping) : repérer des points froids localisés et inhabituels sur les plateaux, indiquant une fuite de liquide.
  3. Localiser les plateaux encrassés : analyser les anomalies thermiques linéaires et horizontales qui rompent l’uniformité du gradient.
  4. Vérifier l’efficacité du transfert thermique : comparer le gradient de température entre chaque plateau pour s’assurer de sa régularité.
  5. Corréler les images thermiques : valider les observations visuelles en les confrontant aux données de pression et de température du système SCADA.

Quand réaliser vos inspections thermiques extérieures pour éviter le « loading » solaire ?

Si le soleil peut être un allié en créant un gradient thermique utile (voir section 1), son rayonnement direct pendant une inspection peut aussi être votre pire ennemi. Ce phénomène, appelé « loading » solaire ou charge solaire, peut complètement fausser les mesures. Le problème vient de la réflexion du rayonnement solaire sur la surface de la cuve, surtout si celle-ci est métallique et peu émissive. Une caméra thermique mesure à la fois la température émise par la surface et la température qu’elle réfléchit. Une surface métallique polie se comporte comme un miroir pour les infrarouges.

De manière contre-intuitive, le ciel dégagé est une source de « rayonnement froid » intense (autour de -50°C), tandis que le soleil est une source de rayonnement chaud extrême (~5500°C). Au cours d’une journée ensoleillée, la caméra capte un mélange complexe de ces réflexions, masquant la température réelle de la surface et donc le faible gradient thermique que vous cherchez à mesurer. Une étude sur les pratiques de thermographie extérieure est claire : il faut procéder aux mesures tôt le matin et/ou lorsque le ciel est très couvert pour minimiser ces réflexions parasites.

La meilleure fenêtre pour une inspection est donc la période nocturne, idéalement entre 2h et 5h du matin. À ce moment, l’influence du soleil est nulle, et la cuve a atteint un équilibre thermique maximal avec son environnement, rendant les contrastes liés au contenu interne (comme l’inertie de la boue) les plus visibles. La période juste avant l’aube (5h-7h) est également excellente. Si une inspection de jour est inévitable, un jour de ciel très couvert et uniforme est la seule option acceptable, bien que le contraste thermique global soit plus faible.

Le tableau ci-dessous synthétise les meilleures fenêtres temporelles pour garantir des mesures fiables et éviter les erreurs d’interprétation dues au « loading » solaire.

Fenêtres temporelles optimales pour l’inspection thermique
Période Avantages Inconvénients Recommandation
Nocturne (2h-5h) Pas de rayonnement solaire Accès difficile, sécurité Idéal
Pré-aube (5h-7h) Contraste thermique maximal Fenêtre courte Très recommandé
Fin de journée Refroidissement différentiel Chaleur résiduelle Recommandé
Journée couverte Conditions stables Contraste réduit Acceptable

À retenir

  • La mesure de niveau par thermographie ne dépend pas de l’outil mais de la maîtrise des gradients thermiques, qu’ils soient naturels (soleil) ou artificiels (aspersion).
  • Contrairement aux sondes capacitives, la thermographie est une méthode sans contact totalement insensible à la viscosité et au pouvoir colmatant des boues, garantissant une meilleure fiabilité.
  • Le succès d’une inspection extérieure dépend de manière critique du moment de la mesure : les périodes nocturnes ou par temps très couvert sont impératives pour éviter les erreurs dues aux réflexions solaires.

Détecter les bouchons dans les tuyauteries de process sans ouvrir le circuit ?

La thermographie infrarouge offre une solution élégante et non destructive pour un autre problème récurrent en milieu industriel : la localisation de bouchons ou de restrictions dans les tuyauteries de process. Ouvrir un circuit pour trouver une obstruction est une opération longue, coûteuse et qui implique un arrêt de production. La thermographie permet de « voir » l’emplacement du bouchon depuis l’extérieur en quelques minutes.

La méthode la plus efficace est celle du choc thermique ou du « pulse thermique ». Elle consiste à injecter une petite quantité de fluide à une température différente du fluide de process (un « pulse » chaud dans un circuit froid, ou inversement). En suivant la progression de ce pulse thermique avec la caméra le long de la tuyauterie, l’emplacement du bouchon devient évident : c’est le point où le front de chaleur (ou de froid) s’arrête brutalement. La précision de la localisation est excellente, souvent de l’ordre de quelques centimètres.

L’analyse de la signature thermique peut même donner des informations sur la nature de l’obstruction. Un bouchon complet solide provoquera un arrêt net du pulse thermique, avec une zone clairement froide en aval si le pulse est chaud. Une restriction partielle (comme une vanne à moitié fermée ou un dépôt partiel) ne stoppera pas le flux mais le ralentira, créant un point chaud localisé par friction juste avant la restriction, suivi d’un refroidissement par détente juste après (effet Joule-Thomson). Une poche de gaz dans une ligne de liquide apparaîtra quant à elle comme un contraste très net et une anomalie de température due à la différence de capacité thermique entre le gaz et le liquide.

Cette technique transforme un problème de maintenance complexe en un diagnostic rapide et visuel. Elle permet de cibler l’intervention exactement là où elle est nécessaire, réduisant drastiquement les temps d’arrêt et les coûts associés.

Maîtriser cette méthode de diagnostic rapide est un atout majeur pour la maintenance prédictive. Pour la mettre en œuvre, il est fondamental de comprendre comment interpréter les signatures thermiques des obstructions.

Pour mettre en pratique ces stratégies de mesure et de diagnostic, l’étape suivante consiste à évaluer les spécificités de votre parc de stockage afin de définir les protocoles d’inspection les plus adaptés à vos équipements et produits.

Rédigé par Thomas Ledoux, Ingénieur Fiabiliste Mécanique, certifié ISO 18436 Niveau 2. Expert en tribologie, analyse vibratoire et thermographie pour les machines tournantes, 15 ans de terrain.