Vue rapprochée d'une caméra thermique professionnelle analysant des surfaces métalliques industrielles avec différentes émissivités
Publié le 12 mars 2024

La majorité des erreurs de température en thermographie sur des matériaux comme les métaux ne vient pas de la caméra, mais d’une mauvaise compréhension de la physique du rayonnement et de l’influence de l’environnement.

  • Les tables de valeurs d’émissivité sont des indicateurs peu fiables car elles ignorent l’état de surface réel et la température.
  • Les surfaces à faible émissivité (métaux polis) agissent comme des miroirs thermiques, réfléchissant la température des objets environnants et faussant totalement la mesure.

Recommandation : Abandonnez la confiance aveugle dans les valeurs par défaut et adoptez un protocole de mesure in-situ pour déterminer l’émissivité réelle de chaque matériau, transformant ainsi votre approche d’opérateur à celle de métrologue.

Un thermogramme affichant une température de 150°C sur une connexion électrique, est-ce une anomalie critique ou une simple aberration de mesure ? Pour le thermographe intermédiaire, cette question est au cœur d’un dilemme quotidien. Trop souvent, l’instrument est mis en cause, alors que la véritable source d’erreur, dans une écrasante majorité des cas, se niche dans un paramètre unique et fondamental : l’émissivité. Le piège est de considérer la caméra thermique comme un thermomètre de contact. C’est une erreur conceptuelle. Il s’agit en réalité d’un radiomètre qui mesure l’énergie infrarouge émise, réfléchie et transmise par une surface. Sans un réglage correct de l’émissivité, la conversion de cette énergie en une valeur de température est physiquement incorrecte.

Les solutions habituelles, comme se référer à des tables de valeurs génériques, ne sont qu’un pis-aller qui mène souvent à des diagnostics erronés. La précision en thermographie ne relève pas de la mémorisation de données, mais de la maîtrise d’une méthodologie rigoureuse. L’enjeu n’est pas seulement d’apprendre à régler un paramètre, mais de comprendre la physique du rayonnement pour l’anticiper et le compenser. Mais si la clé n’était pas de trouver la « bonne » valeur dans un livre, mais de savoir la *mesurer* sur le terrain ?

Cet article propose une immersion dans la science de la mesure thermographique. Nous allons déconstruire les concepts de corps noir et de corps gris, détailler des protocoles expérimentaux pour déterminer une émissivité inconnue, et analyser pourquoi les surfaces brillantes vous « mentent » systématiquement. L’objectif est de vous fournir les outils pour passer d’un simple opérateur d’imagerie à un véritable métrologue du rayonnement, capable de justifier et de garantir la fiabilité de chaque mesure.

Corps noir vs Corps gris : comprendre comment la matière émet la chaleur

En physique du rayonnement, le concept de référence est le corps noir. C’est un objet théorique parfait qui absorbe 100% du rayonnement qu’il reçoit et, par conséquent, émet 100% du rayonnement possible pour une température donnée. Son émissivité est de 1. Cependant, dans le monde réel, de tels objets n’existent pas. Nous avons affaire à des corps gris, des matériaux dont l’émissivité est inférieure à 1. Ces objets n’émettent qu’une fraction du rayonnement d’un corps noir à la même température. De plus, ils réfléchissent une partie du rayonnement provenant de leur environnement.

L’équation fondamentale que la caméra résout est simple : Énergie Totale Mesurée = Énergie Émise + Énergie Réfléchie. Pour isoler l’énergie émise (et donc la température de l’objet), la caméra doit savoir quelle part du signal provient de la réflexion. C’est le rôle du réglage de l’émissivité. Une émissivité de 0,9 indique que 90% du signal provient de l’objet et 10% est réfléchi par l’environnement. L’impact est majeur, car les objets physiques réels présentent des émissivités variant de 0,01 à 0,99, couvrant un spectre extrêmement large.

Une analogie simple illustre ce principe. Comme l’explique une analyse sur l’imagerie thermique, l’image d’une main portant une bague en or montrera la bague comme étant beaucoup plus froide que la peau, alors qu’elles sont en contact thermique et donc à la même température. La peau, avec une haute émissivité (≈0,98), émet beaucoup de rayonnement. L’or poli, avec une très faible émissivité (≈0,03), en émet très peu et réfléchit principalement le rayonnement de l’environnement (souvent plus froid). La caméra interprète cette faible émission comme une basse température, une conclusion totalement fausse.

Comment mesurer l’émissivité réelle d’un matériau inconnu avec du scotch d’électricien ?

Face à une surface dont l’émissivité est inconnue et non tabulée, la méthode la plus fiable et la plus accessible sur le terrain est celle du matériau de référence. Le ruban d’électricien en vinyle noir est idéal pour cela, car son émissivité est connue, stable et élevée, généralement fixée à 0,95. Ce n’est pas un « truc » mais un protocole expérimental rigoureux qui transforme une surface inconnue en une zone de calibration fiable.

L’objectif est de créer deux zones sur la même pièce, donc à la même température : la surface nue du matériau et une surface couverte par le ruban. En réglant l’émissivité de la caméra à 0,95 et en mesurant la température sur le ruban, on obtient la température réelle de l’objet. Il suffit ensuite de déplacer le curseur de mesure sur la zone nue et d’ajuster le paramètre d’émissivité de la caméra jusqu’à ce que la température affichée soit identique à celle mesurée sur le ruban. La valeur d’émissivité ainsi trouvée est la valeur réelle du matériau dans ses conditions actuelles.

Démonstration du protocole de mesure d'émissivité avec du ruban adhésif sur une surface métallique industrielle

Cette approche est non seulement pratique, mais elle offre également une excellente précision. Selon les experts en thermographie, cette méthode permet d’atteindre une précision de mesure de +/–2°C ou 2 %, bien supérieure à l’incertitude introduite par l’utilisation de tables génériques. Pour garantir ce niveau de fiabilité, un protocole strict doit être suivi.

Plan d’action : Mesurer l’émissivité in-situ avec un ruban de référence

  1. Mesurer la Température Apparente Réfléchie (TAR) : Froissez une feuille d’aluminium pour créer une surface diffuse, placez-la près de la cible, réglez l’émissivité à 1.0 et mesurez la température sur la feuille. Notez cette valeur de TAR.
  2. Préparer la surface : Collez un morceau de ruban électrique noir (ou une autre pastille de référence) sur la surface d’intérêt, en vous assurant qu’il n’y ait pas de bulles d’air.
  3. Mettre en température : Chauffez la pièce de manière uniforme à une température d’au moins 20°C au-dessus de la température ambiante pour que l’émission propre domine la réflexion.
  4. Calibrer sur la référence : Visez le ruban, réglez l’émissivité de la caméra à 0,95 et la TAR à la valeur mesurée à l’étape 1. Notez la température affichée.
  5. Déterminer l’émissivité : Déplacez l’outil de mesure sur la surface nue, à côté du ruban. Ajustez uniquement le paramètre d’émissivité jusqu’à obtenir la même température que celle relevée sur le ruban.

Tableau de valeurs ou mesure in-situ : quelle source d’émissivité est la plus fiable ?

La tentation est grande pour un thermographe de se fier aux tables d’émissivité disponibles dans les manuels ou directement intégrées dans le logiciel de la caméra. C’est rapide, simple et semble scientifique. Cependant, cette pratique est l’une des sources d’erreurs les plus importantes en thermographie industrielle. Une table donne une valeur unique pour un matériau (ex: « Aluminium, poli : 0,05 »), mais ignore des facteurs cruciaux qui influencent drastiquement l’émissivité : l’état de surface (poli, brossé, oxydé, peint), la température de l’objet, l’angle de visée et même la longueur d’onde de la caméra.

La mesure in-situ, comme celle décrite avec le ruban adhésif, prend en compte toutes ces variables. Elle ne donne pas l’émissivité de « l’aluminium » en général, mais l’émissivité de *cette pièce d’aluminium spécifique*, dans *son état actuel* et à *sa température de fonctionnement*. C’est la différence entre une donnée générique et une mesure métrologique. Le tableau suivant résume les compromis de chaque méthode.

Comparaison des méthodes de détermination de l’émissivité
Méthode Avantages Inconvénients Fiabilité
Tableaux de référence Rapide, simple Valeurs moyennes uniquement, ne tiennent pas compte de l’état de surface réel Faible (±20%)
Mesure in-situ avec ruban Précis pour le matériau spécifique Nécessite du temps, accès à la surface Élevée (±2%)
Thermocouple de référence Très précis Contact nécessaire, installation complexe Très élevée (±1%)

La communauté des experts est claire à ce sujet. Comme le précise La Librairie Thermographique, une base de données collaborative reconnue :

Les valeurs du tableau d’émissivités sont indiquées à titre informatif, nous sommes encore en recherche d’une table sérieuse d’émissivité. Si votre expérience sur le terrain invalide la valeur renseignée, contactez-nous.

– La Librairie Thermographique, Base de données collaborative sur les émissivités

Ce message est un puissant avertissement : les tables sont un point de départ, jamais une certitude. La mesure de terrain doit toujours primer.

L’erreur fatale de mesurer le cuivre nu avec une émissivité de 0.95

Appliquer une émissivité par défaut de 0,95, typique des matériaux organiques ou peints, à une surface métallique nue comme le cuivre poli est une erreur fondamentale qui garantit une mesure absurde. Le cuivre poli est l’un des matériaux les plus difficiles à mesurer en thermographie en raison de sa très faible émissivité et de sa haute réflectivité. L’état de surface est ici le paramètre le plus influent : les surfaces métalliques polies comme le cuivre ont une émissivité inférieure à 0,10, mais une fois oxydées, elles peuvent dépasser 0,6. Utiliser 0,95 au lieu de, par exemple, 0,07, signifie que la caméra attribuera 95% du signal reçu à l’émission de l’objet, alors qu’en réalité, plus de 90% du signal est une réflexion de l’environnement.

Comparaison thermographique montrant la différence dramatique entre cuivre oxydé et cuivre poli

Le phénomène en jeu est celui du miroir thermique. Sur une surface métallique polie à faible émissivité, la caméra ne « voit » pas la température de la surface, mais le reflet thermique de ce qui se trouve en face d’elle. Si le thermographe se tient devant une barre de cuivre, la caméra mesurera une température proche de 37°C (la chaleur du corps de l’opérateur réfléchie par le cuivre), même si la barre est à température ambiante. À l’inverse, si la barre est chaude mais qu’elle réfléchit une paroi froide, la caméra affichera une température basse, masquant une surchauffe potentiellement dangereuse.

Un cas d’étude courant le démontre : sur une surface métallique polie, un objet froid peut indiquer une température élevée si une source de chaleur, comme le corps du thermographe lui-même, se reflète dessus. L’opérateur s’auto-mesure par réflexion. C’est l’illustration parfaite d’une mesure biaisée non pas par l’instrument, mais par l’ignorance des lois de la réflexion infrarouge.

Comment compenser la faible émissivité de l’aluminium sans utiliser de peinture ?

La peinture noire mate est la solution idéale pour augmenter l’émissivité d’une surface métallique, mais elle est souvent inapplicable en milieu industriel pour des raisons de contamination, d’esthétique ou de process. Heureusement, plusieurs techniques alternatives permettent d’obtenir une mesure fiable sur des matériaux comme l’aluminium poli sans altération permanente. La stratégie reste la même : créer une petite zone de haute émissivité connue sur la surface d’intérêt.

Ces méthodes temporaires permettent d’appliquer le même principe de comparaison que celui utilisant le ruban électrique, en s’adaptant à différentes contraintes, notamment de température. Voici une liste de solutions pratiques :

  • Étiquettes plastiques haute température : Des pastilles adhésives spécifiques peuvent être utilisées pour des températures allant jusqu’à 260°C.
  • Pâte thermique : Une fine couche de pâte thermique, similaire à celle utilisée pour les processeurs informatiques, peut servir de cible à haute émissivité.
  • Spray développeur pour ressuage : Ce spray dépose une fine couche de poudre blanche qui s’enlève facilement. Son émissivité est élevée et uniforme, ce qui en fait une excellente cible temporaire.
  • Pastille de référence : Utiliser une pastille d’un matériau connu (comme l’Alumine) en la maintenant en bon contact thermique avec la surface.
  • Peinture noire mate temporaire : Pour les très hautes températures, il existe des peintures conçues pour être facilement retirées après la mesure.

Il est crucial de garder à l’esprit qu’en dessous d’un certain seuil, la mesure devient intrinsèquement peu fiable, même avec des corrections. Les guides techniques sont formels : si l’émissivité de la cible est inférieure à 0,5, il est peu probable d’obtenir une mesure de température précise. Dans de tels cas, l’objectif n’est plus d’obtenir une valeur absolue exacte, mais plutôt de détecter des différences de température relatives entre des composants similaires ou de suivre une évolution dans le temps.

Pourquoi l’inox poli apparaît-il froid à la caméra alors qu’il est brûlant ?

Le cas de l’acier inoxydable poli est l’un des exemples les plus contre-intuitifs et dangereux en thermographie. Une cuve en inox contenant un liquide à 90°C peut apparaître sur le thermogramme à 15°C, voire moins. Ce paradoxe n’est pas un défaut de la caméra, mais une démonstration parfaite du principe de réflectivité. L’inox poli a une émissivité extrêmement basse (autour de 0,07) et donc une réflectivité très haute (environ 0,93). La caméra ne reçoit donc que 7% du signal de la chaleur réelle de la cuve, tandis que 93% du signal provient de ce que la surface de la cuve « voit » et réfléchit.

Si la cuve est à l’intérieur et qu’elle réfléchit un plafond éclairé par des néons (froids dans l’infrarouge) ou un mur distant, la température mesurée sera celle de ces éléments, et non celle de la cuve. Une étude de cas illustre ce phénomène avec des images thermiques d’une sculpture en acier inoxydable à l’extérieur : prises sous différents angles, elles montrent des cartes de température radicalement différentes, car chaque facette de la sculpture réfléchit une partie différente de l’environnement (le ciel froid, le sol plus chaud, un bâtiment voisin).

Ce phénomène de « masquage » peut être total, au point où la température propre de l’objet est complètement supplantée par celle de son environnement, comme le souligne un expert :

La thermographie d’une façade en zinc, spéculaire à souhait, masque même sa température propre, supplantée par la façade voisine à angle droit.

– La Librairie Thermographique, Documentation sur l’émissivité et la zone interdite

L’inox brûlant qui apparaît froid est donc un miroir thermique parfait, reflétant l’image infrarouge de son environnement. L’opérateur non averti pourrait conclure à une absence de problème, alors qu’une situation dangereuse est en cours. C’est pourquoi, sur ce type de surface, une mesure sans compensation est non seulement fausse, mais potentiellement irresponsable.

À retenir

  • La caméra thermique est un radiomètre : elle mesure un rayonnement, pas directement une température. L’émissivité est la clé de conversion.
  • La mesure in-situ de l’émissivité à l’aide d’une référence (scotch, etc.) est toujours plus fiable qu’une valeur issue d’une table générique.
  • Pour toute surface d’émissivité inférieure à 0,5, la prudence est de mise. La mesure de température absolue devient très incertaine et l’analyse qualitative (comparaison) est à privilégier.

Comment corriger l’émissivité a posteriori sur une vidéo enregistrée ?

L’un des grands avantages des caméras radiométriques modernes est la possibilité d’ajuster les paramètres de mesure, y compris l’émissivité, après l’enregistrement. Cependant, pour que cette correction soit valide, un protocole strict doit être appliqué sur le terrain, avant même de commencer à filmer. Corriger l’émissivité a posteriori sans avoir mesuré la Température Apparente Réfléchie (TAR) au moment de l’inspection est une manipulation qui invalide la mesure.

La caméra enregistre un signal énergétique total. Pour isoler la part émise par l’objet, le logiciel a besoin de deux informations : l’émissivité de la surface et la quantité d’énergie réfléchie par cette même surface (la TAR). Si la TAR n’a pas été mesurée et entrée dans la caméra avant l’enregistrement, le logiciel utilisera une valeur par défaut ou arbitraire, rendant toute correction ultérieure de l’émissivité mathématiquement fausse. Changer l’émissivité de 0,95 à 0,70 dans le logiciel sans la bonne valeur de TAR ne donnera pas la bonne température.

Le protocole correct est donc un processus en deux temps : une phase de préparation sur site et une phase d’analyse au bureau.

  1. Sur le terrain : Mesurer la TAR avec une feuille d’aluminium froissée (émissivité réglée à 1.0) dans l’orientation de la mesure future.
  2. Saisie avant enregistrement : Entrer cette valeur de TAR mesurée dans les paramètres de la caméra.
  3. Enregistrement : Enregistrer la séquence vidéo ou l’image en mode radiométrique complet.
  4. Au bureau : Utiliser le logiciel d’analyse. Maintenant que la TAR est correcte, vous pouvez ajuster l’émissivité pour chaque point de mesure et obtenir des températures fiables.

Même avec ce protocole, la précision a ses limites. Les analyses techniques montrent que lorsque l’émissivité de la surface mesurée est inférieure à 0,6, la correction n’est pas aussi précise. Cela renforce l’idée que pour les matériaux très peu émissifs, la meilleure pratique reste d’augmenter artificiellement l’émissivité sur site avant la mesure.

Pourquoi votre caméra thermique vous ment sur les surfaces brillantes ?

En synthèse, si votre caméra thermique semble vous « mentir » sur les surfaces brillantes, ce n’est pas une défaillance de l’instrument, mais la conséquence directe et prévisible des lois de la physique du rayonnement. Une surface brillante (polie, métallique, non-oxydée) est par définition peu émissive et donc très réflective dans le spectre infrarouge. Elle se comporte comme un miroir. La caméra, pointée sur cette surface, ne capture pas la chaleur émise par l’objet, mais l’image thermique de ce qui se trouve en face de lui.

Ce phénomène de « miroir thermique » est la source de la majorité des erreurs grossières de diagnostic. Un interrupteur métallique peut sembler plus chaud qu’un mur en plâtre, non pas parce qu’il surchauffe, mais parce qu’il réfléchit la chaleur d’une source proche (un équipement, une personne). La mesure est donc totalement dépendante de l’environnement et de l’angle de vue. Pour déjouer ce piège, le thermographe doit cesser de « croire » l’image et commencer à l’analyser de manière critique.

Avant toute mesure sur une surface suspecte, une simple check-list mentale permet de qualifier la situation et d’éviter les erreurs d’interprétation :

  • Test de l’angle : Bougez légèrement la caméra. Si la température affichée change radicalement en modifiant l’angle de quelques degrés, vous êtes très probablement en train de mesurer une réflexion.
  • Identifier les sources parasites : Repérez les sources de chaleur (moteurs, radiateurs, personnes) ou de froid (fenêtres, climatiseurs) dans l’environnement. Pourraient-elles se refléter sur votre cible ?
  • Analyser l’état de surface : Une surface propre et polie est un signal d’alarme indiquant une haute réflectivité. Une surface oxydée, peinte ou sale aura une émissivité plus élevée et sera donc plus fiable à mesurer directement.

Adopter cette démarche critique transforme l’utilisation de la caméra. L’instrument n’est plus un simple afficheur de température, mais un outil d’investigation qui, bien interprété, révèle la physique cachée d’une scène. La fiabilité de vos diagnostics en dépend.

En intégrant ces protocoles et cette rigueur d’analyse, vous ne vous contentez plus d’utiliser une caméra thermique ; vous pratiquez la métrologie du rayonnement. L’étape suivante consiste à appliquer systématiquement ces principes pour renforcer la crédibilité et la précision de chacun de vos rapports d’inspection.

Rédigé par Claire Fontaine, Expert Thermographe Niveau 3 (ITC), formatrice et consultante senior. Maîtrise la physique de l'infrarouge, les inspections par drone et l'analyse de données complexes.